L’âge et le vieillissement, impensés du féminisme
tendent à susciter répulsion et déconsidération, tandis que les “vieux beaux” restent mieux admis dans la course à la séduction. Cette perception différenciée des corps vieillissants a pu faire l’objet de subversions artistiques, mais elle n’a été que marginalement questionnée par le militantisme féministe.
Depuis quarante ans, à l’exception notable des combats pour la défense des retraites, ce sont surtout les femmes en âge de procréer et de travailler qui ont
constitué l’étalon des grandes luttes, que ce soit pour l’égalité professionnelle, la libre disposition du corps ou le contrôle des maternités. La revendication “mon corps m’appartient” serait-elle devenue caduque et impuissante face aux corps non féconds, aux corps plus vulnérables ?” [...]
L’âge et le vieillissement, impensés du féminisme par Rose-Marie Lagrave et Juliette Rennes.
(Le Monde 06/10/2010)
